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On a regardé (et adoré) Mytho !

écrit par Amaya - 16.10.2019

Disponible en replay depuis le 3 octobre, et diffusée actuellement sur Arte, la série Mytho a reçu le Prix du public et Marina Hands, le Prix d’interprétation féminine au festival Séries Mania en avril dernier. Sans divulgacher, nous vous dévoilons ce que nous en avons pensé.

A ce stade, on peut spoiler, on a vraiment beaucoup aimé ! 😉

 

 

Mytho : le pitch

Elvira, mère, épouse, amie et employée exemplaire est totalement dévouée à son entourage. Lassée par cette vie éreintante et par l’indifférence à laquelle elle fait de plus en plus difficilement face, elle est en proie à un burn-out généralisé. Dans un moment de faiblesse, elle s’invente un cancer pour faire bouger les lignes et susciter l’affection…

L’histoire se déroule dans un quartier qui n’est pas sans rappeler Wisteria Lane de Desperate Housewives, voisinage étrange ou stéréotypé compris.

Le comédien est bluffant de crédibilité dans son rôle de jeune transgenre. Sa capacité à jouer le bord des larmes, sans jamais trop en faire, est assez bouleversante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des personnages et des comédiens savoureux

Elvira est campée par l’excellente Marina Hands, qui d’un seul froncement de sourcil, d’un léger rictus ou d’un glissement d’œil à peine perceptible, oscille entre femme parfaite et potentielle psychopathe. En vieux survêt ou très coquette, elle est toujours irréprochable jusqu’à ce que… Bien sous tous rapports mais parfois bien flippante en somme.

Mathieu Demy joue son compagnon infidèle mais sympa. L’un n’empêche pas l’autre, chez ce photographe un peu looser. Avec ses lunettes de soleil et ses tee-shirts vintage, il jongle maladroitement entre ses vies d’éternel ado, de (presque) mari volage et de père dépassé. Sa pharmacienne de maîtresse ne l’apaise pas qu’à coups d’anxiolytiques…

Venons-en aux enfants, une fratrie aussi atypique qu’attachante.

Zelie Rixhon interprète Virginie, la petite sœur sensible que l’on préserve en la tenant à l’écart du secret au début de la série, mais qui prendra une place plutôt encombrante en se l’appropriant…

Chez les aînées, Carole, jouée par Marie Drion, est l’ado punk un peu garçonne et très à vif. Enfin, mention spéciale à Jérémy Gillet, dans la peau de Sam, née garçon mais lycéenne amoureuse de son correspondant allemand. Le comédien est bluffant de crédibilité dans son rôle de jeune transgenre. Sa capacité à jouer le bord des larmes, sans jamais trop en faire, est assez bouleversante. On a vraiment adoré le personnage, mais aussi l’acteur, dont on parie qu’il fera parler de lui.

On croise aussi Nono, le charismatique père italien (et pizzaiolo, le seul cliché un peu osé mais pourquoi pas), l’odieux patron et la collègue d’Elvira, sa meilleure amie dont son beau-frère tombe amoureux…

Tout le casting est épatant de justesse.

Ce qui nous a beaucoup plu

L’autre gros point fort de la série Mytho s’articule autour de cette variation infinie autour du thème de mensonge, au confluent de ses multiples dérivées. Camouflage de la réalité, perception déformée, déni, légers arrangements avec la vérité, déformations, interprétations, gros mythos… tout le spectre est exploité, par petits ricochets et avec beaucoup de finesse, à travers chacun des personnages, principaux et secondaires, pour former un canevas irrésistible.

Evidemment, c’est l’engrenage dans lequel tombe la malade imaginaire qui fait figure de fil conducteur réjouissant. A la manière d’une enfant épuisée qui dit avoir mal au ventre pour éviter l’école, Elvira lâche ce qui s’avère être une bombe à retardement. Mais au passage et un peu précocement, son entourage utilise cet épisode mélo-familial pour en tirer parti à sa convenance, à commencer par monsieur… L’effet papillon prend son envol, un régal en six épisodes !

La plume de la romancière et scénariste Anne Berest, alliée au talent du réalisateur Fabrice Gobert font mouche, comme la terrible stratégie de l’héroïne qui s’affuble d’un cancer du sein pour raviver l’attention des siens… Ils mélangent les genres, transgressent, brouillent les pistes et soignent l’esthétique pour dépeindre les maux de la famille avec brio.

Evidemment, c’est l’engrenage dans lequel tombe la malade imaginaire qui fait figure de fil conducteur réjouissant.

 

 

Parfait pour un week-end d’automne en famille !

Arès un rapide sondage de nos proches, le seul bémol qui se dessine reproche l’accumulation de personnages un peu trop caricaturaux. Nous n’y avons vu que des personnalités certes décalées, mais brillamment interprétées. Vous l’aurez compris, nous vous conseillons vivement de vous plonger dans Mytho d’ici la fin du mois. Les six épisodes sont disponibles en replay jusqu’au 30 ! D’autant que la saison deux est déjà commandée…